La CGT Thales signe l’accord temps de travail

Cette négociation d’un accord Groupe sur le temps de travail (qui n’existait pas jusqu’à présent) a duré plus de 3 ans. Elle s’est faite dans un contexte particulier où la direction du Groupe a utilisé le chantage du maintien des mesures de l’accord sur l’évolution de la croissance et de l’emploi (Cotisation temps plein pour les temps partiel, aides au rachat de trimestre de cotisation pour la retraite, mesures de pénibilité, …) pour imposer sa vision idéologique d’augmentation du temps de travail. Le compromis trouvé dans cet accord est le fruit de l’action de toutes les organisations syndicales, et du fait de ne pas avoir cédé trop tôt aux pressions de la direction.

Les points négatifs de cet accord

Trois points négatifs majeurs sont à déplorer dans cet accord :

  • L’instauration d’un forfait-jours de référence à 214 jours.

Ce nouveau forfait-jours de référence au niveau Groupe sera notamment applicable à tous les nouveaux et nouvelles embauché.es à partir du 1er janvier 2024. Il s’agit de la principale mesure voulue par la direction du Groupe, avec une vision totalement idéologique d’augmentation du temps de travail, à contre-sens total de l’histoire et du progrès social. Il s’agit ici d’une augmentation moyenne de 3 jours de travail par an. Pour les ingénieur.es et cadres actuellement présents aux effectifs, ils et elles pourront rejoindre ce forfait-jours de référence à partir du 1er janvier 2025, avec une adaptation de leur salaire.

  • L’obligation du ralliement à ce nouveaux forfait-jours de référence.

Tous les salarié.es qui feront une mobilité à partir du 1er janvier 2024 devront rallier ce nouveau-forfait-jours de référence. De plus, certaines mesures prévues dans cet accord Groupe ne seront accessibles qu’aux salarié.es soumi.s.es à ce forfait-jours de 214 jours. Il s’agit principalement de pouvoir bénéficier d’un forfait-jours réduit (l’équivalent d’un temps partiel) ou de pouvoir moduler chaque année le nombre de jours de son forfait à la hausse ou à la baisse (entre 206 jours et 217 jours, avec un maximum de +4 jours par an).

  • Le verrouillage d’innovation en terme d’organisation du temps de travail.

Tout au long de cette négociation, nous avons porté la possibilité de négocier de nouvelles organisations du temps de travail, comme par exemple la semaine de 4 jours. Cette organisation spécifique se met en place dans de nombreuses entreprises en France, et le constat est ultra majoritairement positif, tant sur les résultats de l’entreprise que sur la santé des salarié.es. Là encore, la direction a décidé de rester sur une position idéologique en verrouillant l’organisation du temps de travail sur 5 jours, ne laissant aucune place au progrès, à l’innovation sociale.

Les points positifs de cet accord

Cet accord Groupe contient de nombreux éléments de protection et de progrès social pour toutes et tous, et notamment la pérennisation des mesures issues de l’accord sur l’évolution de la croissance et de l’emploi. 

  • Les définitions et principes sur la charge de travail : La définition de la charge de travail inscrite dans cet accord ne parle pas seulement, à notre demande, de la charge prescrite, mais aussi de la charge réelle et de la charge de travail ressentie par chacune et chacun. Il s’agit d’une notion fondamentale. De plus, cette définition prévoit enfin d’inclure dans la charge de travail la formation, le transfert de compétences, les tâches administratives, ainsi que les aléas éventuels sur les projets.
  •  La limitation à 10H maximum d’une journée de travail, y compris pour les ingénieur.es et cadres au forfait-jours. Jusqu’à présent, là encore par idéologie, la direction refusait d’appliquer cette limite de 10h par journée de travail aux salarié.es en forfait-jours, alors qu’il s’agit là d’une mesure élémentaire de protection de la santé.
  • La pérennisation des mesures de l’accord sur l’évolution de la croissance et de l’emploi. Parmi toutes les mesures, nous pouvo