Intelligence Artificielle chez Thales : Aucun accord n’est signé, la direction veut aller vite

La direction déploie depuis quelques temps l’IA dans notre Groupe sans consulter les représentants des salarié.es sur les impacts sur la sécurité, la santé au travail, les conditions de travail ni les impacts sur l’environnement, comme l’y oblige pourtant la loi. En intersyndicale, la CFDT, la CFE-CGC et la CGT, voulant s’assurer d’un déploiement au bénéfice de l’entreprise et des salarié.es, ont demandé, via une lettre ouverte, une négociation afin d’apporter les garanties nécessaires face à ce changement majeur.

Aucun accord IA n’est signé chez Thales: la négociation est en cours

Courant après des gains de productivité dont rien ne garantit qu’ils se réaliseront, la direction déploie depuis plusieurs années une multitude de systèmes d’IA dans les RH, l’IT, l’ingénierie, et cela dans la précipitation. Elle néglige au passage la sécurité, la santé au travail, les impacts sur l’environnement, la qualité de nos processus de travail et même la rentabilité : quel coût pour ces systèmes ? Quels investissements sacrifiés pour les financer ?

Dans plusieurs CSE et CSEC, nous nous sommes battus pour imposer le respect de la procédure légale d’introduction de nouvelles technologies : étude d’impact, transmission de cette étude, puis consultation des représentant·es du personnel, AVANT tout déploiement.

C’est ce processus qui permet aux salarié·es d’avoir voix au chapitre face à une technologie qui bouleverse nos métiers et notre quotidien. A ce jour, la direction ne s’est toujours pas conformée aux dispositions du Code du Travail.

Ces combats ont conduit à une première victoire : en ouvrant la négociation d’un accord sur le déploiement de l’IA, la direction reconnaît d’une certaine manière l’illicéité de sa méthode. Elle propose désormais de simplifier la procédure par accord, mais contre quelles garanties pour les salarié·es ?

Notre position: ni technophobe ni naïf

L’IA n’est ni bonne ni mauvaise en soi : elle pourrait servir à partager la connaissance, baisser le temps de travail, alléger les tâches pénibles. Mais ce n’est pas ce que la direction déploie aujourd’hui. Sans étude d’impact, sans garantie sur l’emploi, la santé ou la charge de travail, sans partage des gains, l’IA telle qu’elle est imposée chez Thales sert d’abord à faire plus, avec moins, plus vite, à nos dépens. Tout cela est mené dans le but d’augmenter toujours plus les rendements financiers aux profits des actionnaires de Thales. Nous ne signerons aucun accord qui se contente d’habiller cette logique.

La lettre ouverte intersyndicale du 23 juin

À la veille de la première réunion de négociation, la CFDT, la CFE-CGC et la CGT ont adressé au DRH du Groupe une lettre ouverte fixant les garanties minimales, nos lignes rouges, en-deçà desquelles aucune de nos trois organisations ne signera l’accord. Cette initiative, portée par la CGT, s’appuie sur les travaux du projet DIAL-IA menés avec l’Institut de Recherche Économique et Sociale (IRES).

12 garanties minimales: nos exigences face aux propositions de la direction

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Interpeller vos élu·es, quelle que soit leur étiquette syndicale : donnez-leur vos revendications et dites-leur que vous n’accepterez pas un accord au rabais.
  2. Faire connaître la lettre ouverte intersyndicale : diffusez-la.
  3. Se syndiquer à la CGT pour construire un rapport de force et protéger nos intérêts : nos emplois, nos conditions de travail et notre santé !

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