Situation épidémique: Thales face à ses responsabilités

Le double langage de Thales

Thales a publié un communiqué de presse annonçant une série de mesures exceptionnelles pour faire face à la pandémie de Covid-19. Ce communiqué précise que la priorité de Thales « est et restera la mise en œuvre de toutes les mesures nécessaires pour préserver la santé de nos collaborateurs, de leurs proches, des clients et de la population, dans tous les pays où nous sommes implantés. ».

Mais alors pourquoi, notamment en France alors qu’un accord a été signé avec toutes les organisations syndicales représentatives au niveau du Groupe, nous constatons une volonté de remettre en marche l’outil industriel au maximum possible ? Pourtant l’objectif prioritaire de cette accord est de ne maintenir que les seules activités critiques et vitales, après avoir mis en place toutes les mesures sanitaires de protection pour les salariés devant se rendre sur leur lieu de travail. Ainsi peut-on citer la fabrication de détecteur pour l’imagerie médicale très utilisée dans la lutte contre ce virus, ou de sécurité comme le maintien opérationnel des hélicoptères de la protection civile. Retrouvez la lettre ouverte intersyndicale aux dirigeants Thales ici : https://coord.cgtthales.fr/2020/04/lettre-ouverte-aux-dirigeants-du-groupe-thales/

La question des dividendes

L’une des mesures annoncées par Thales est évidemment de renoncer au versement des dividendes prévus cette année. Ce renoncement, que nous demandions, était effectivement inévitable. Mais cela remet aussi en question le principe même de versement d’acompte sur dividendes, qui lui ne sera pas annulé, pas récupéré… Verser un acompte avant de connaitre les résultats reste une hérésie, et si effectivement « demain, rien ne sera plus comme avant » il serait bon que cette pratique cesse enfin.

La position dogmatique face à l’activité partielle

Maintenant, avec toutes ces mesures annoncées, avec cette ligne de crédit de 2 Milliards d’euros, ces dividendes non versés qui représente 430 millions d’euros, on ne comprend toujours pas pourquoi il y a eu un blocage dogmatique sur le maintien du salaire à 100% lors de l’activité partiel qui sera mis en place en France…

Cette mesure aurait pu largement être appliquée, au moins jusqu’à un certain niveau de salaire (pourquoi pas 4,5 fois le SMIC comme pour la prise en charge par l’état), comme nous le demandions. Elle était bien loin de représenter ces montants…

Le soutien vers nos sous-traitants et fournisseurs

Enfin, malgré notre demande répétée maintes fois, nous ne voyons toujours rien sur le soutien nécessaire vers nous fournisseurs et nos sous-traitants, notamment les PME et TPE, qui vont souffrir encore plus que Thales de cette crise sanitaire. Au contraire, il y a des pressions vers certains fournisseurs pour qu’ils continuent de nous approvisionner. Cela mettra les salariés de ces fournisseurs en danger, et ne contribuera pas à l’effort de tous de non propagation du virus covid19 par le confinement, alors même que tous le personnel hospitalier et dans les EPHAD nous crie depuis des jours et des jours de rester chez nous.

Nous n’avons rien vu non plus pour accélérer le paiement des factures vers ces entreprises, qui ont, elles, réellement des problèmes de trésorerie. Il est nécessaire que Thales soutienne ces fournisseurs et sous-traitants, à la fois pour éviter une crise sociale majeures au niveau de ces entreprises, mais aussi parce que lorsque nous sortirons du confinement, et que les activités redémarreront, nous aurons besoins d’elles.

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