Financement de la Sécu : le gouvernement déroule le tapis rouge au privé

Communiqué commun confédération Cgt , et fédération Santé et Action sociale

La ministre de la Santé emboîte le pas au lobby des cliniques privées. Elle renie l’engagement, pris lors du débat parlementaire sur la loi « HPST », de repousser la convergence tarifaire public/privé en 2018. En effet, elle inscrit une expérimentation à ce sujet dès 2010 dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Cette convergence revient à financer de la même manière les cliniques privées commerciales et l’hôpital public sans tenir compte des finalités opposées de ces deux secteurs.

La tarification à l’activité a mis les hôpitaux publics dans une situation de déficit budgétaire alors que, dans le même temps, elle permettait aux groupes financiers de la santé du secteur privé d’augmenter la rémunération de ses actionnaires.

Conséquences :
Du côté de l’hôpital public, l’offre de soins a été réduite et près de 20 000 emplois publics sont menacés.
Du côté des cliniques privées, La générale de santé, par exemple, a augmenté de 89% les dividendes versés à ses actionnaires en 2009.
La comparaison est éloquente. La campagne publicitaire de la fédération de l’hospitalisation privée, avec le slogan « faites vous soigner dans le privé pour sauver la sécurité sociale », n’est qu’une opération de propagande mensongère.
L’hospitalisation privée ne veut pas sauver la Sécu ; elle veut réaliser de confortables bénéfices. Par contre, en augmentant les salaires de ses salariés et l’emploi, elle contribuerait à financer efficacement la sécurité sociale.
La création du secteur 2 a ouvert la voie à la dérive des dépassements d’honoraires. La mise en place d’un nouveau secteur dit « optionnel » ne réglera rien. Il risque même de contribuer à légitimer cette pratique et de permettre son extension à de nouveaux médecins de secteur 1.
Dans un souci d’accès égalitaire aux soins, il aurait fallu revenir à un seul secteur conventionné et remettre à plat l’ensemble de la tarification des actes pour remettre de la justice dans la rémunération de l’ensemble des professionnels de santé, et entre les médecins.
Dans les semaines à venir autour du débat sur le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2010, des discussions sur les décrets d’application de la loi Hôpital Patient Santé Territoires, de la mise en place des Agences régionales de santé, la CGT travaillera à la mobilisation du plus grand nombre de salariés. La satisfaction de leurs besoins doit primer sur ceux de l’argent.
Montreuil, le 26 octobre 2009

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